Du Congrès du Kremlin-Bicêtre à la refondation républicaine de la gauche : Soyons l’aiguillon de la reconquête !

21 juillet 2008

Editorial de Jean-Pierre Chevènement à Citoyens Militants, bulletin interne du MRC.


Notre Congrès des 21 et 22 juin au Kremlin-Bicêtre a fait lever l’espoir. Au sein du MRC d’abord, où chacun a pu observer la naissance d’une dynamique nouvelle, à travers un texte d’orientation allant au fond des choses et une direction renouvelée et rajeunie. Mais l’écho a été répercuté dans le reste de la gauche où nos propositions de rassemblement organique, susceptible de créer un électrochoc à gauche, rencontrent des échos nombreux aussi bien au Parti socialiste qu’au Parti communiste.

La problématique est simple : dans l’état actuel des choses, la gauche n’est pas en état de fournir une relève à la droite sarkoziste. Il est surréaliste de voir certains socialistes faire assaut de libéralisme au moment où la globalisation libérale entre en crise profonde. Il y a là la marque d’une inadéquation persistante entre la radicale nouveauté des défis à relever et un ron-ron « social libéral » qui pouvait paraître « moderne » au tournant des années 1990.

Le logiciel républicain, au contraire, affirme sa force et sa pertinence. La faillite des « marchés » hier adulés, aujourd’hui voués aux gémonies (même Nicolas Sarkozy flétrit les « dérives du capitalisme financier » et les ravages de la spéculation), la crise d’une Europe technocratique et ultralibérale à la fois, le retour des Etats, des nations et des peuples, ce grand bouleversement des valeurs offre au discours républicain exigeant du MRC l’occasion de s’affirmer en provoquant dans la gauche les effets de catalyse nécessaires.


Oui, priorité au projet ! et pas à un projet à l’eau de rose !

Un projet sérieux, solide, musclé, dans lequel les couches populaires en déshérence pourront se reconnaître. Dans nos institutions, l’élection présidentielle est bien évidemment devenue directrice. Il faut donc que la gauche aborde l’échéance de 2012 après s’être profondément recomposée. Nous avons proposé et nous continuerons de proposer un grand parti de toute la gauche, parce que c’est en son sein que peuvent s’opérer les remises en ordre nécessaires. Sa création seule peut, comme ce fut le cas pour le PS d’Epinay, provoquer l’électrochoc, et l’engagement corrélatif des dizaines de milliers de militants jeunes, motivés puis formés, qui rendront à la gauche sa capacité d’influer sur le cours des choses.

Bien entendu nous ne nous faisons pas d’illusions. Les résistances à vaincre sont immenses. Mais le PS doit se persuader que, laissé à lui-même, il sera encore une fois réduit à l’impuissance au plan national. Quant au PCF, la perspective que nous offrons est la seule qui puisse lui éviter une marginalisation définitive.

Pour répondre au défi démagogique d’un Besancenot, qui stériliserait la gauche dans son entier, seule la refondation républicaine de celle-ci peut permettre le rassemblement fécond de toutes ses sensibilités et en définitive une victoire qui déboucherait non sur une simple alternance, source de nouvelles frustrations, mais sur une alternative républicaine pensée et construite, dans la perspective d’une Europe redressée.

Notre Université d’été, prévue les 6 et 7 septembre à Belfort sera un moment fort pour préparer la suite de ce processus que vient d’enclencher le comité de liaison de la gauche du 1er juillet 2008 en prévoyant dès cet automne la réunion de forums de la gauche dans le pays. La démarche que nous proposons est connue : Forums de l’Unité dans chaque région que nous encourageons les militants du MRC à susciter et animer ; Assises de la gauche en 2009 pour préparer un programme commun de la gauche. Mise sur pied ensuite d’une Fédération de toute la gauche préparant la création d’un grand parti. Nous n’en sommes qu’au début mais les évènements qui résultent de la crise du système viendront à notre renfort.

Il faudra enfin prévoir la désignation par les militants de celui qui portera devant les Français, en 2012, le projet d’une République moderne accordée aux temps présents. Il revient au MRC d’être le catalyseur de cette dynamique, sans laquelle la gauche, après trois échecs successifs à la présidentielle (1995, 2002, 2007), se verrait encore une fois conduite à la défaite en 2012. Pour y parer, il n’y a pas d’autre chemin que l’effort intellectuel nourri par l’exigence républicaine et le dépassement de tropismes aujourd’hui périmés !

Il faut du neuf : soyons l’aiguillon de cette reconquête républicaine !

Sans attendre 2015, il faut réduire notre consommation de pétrole et amputer le programme de construction des centrales à flamme

4 juillet 2008

Nicolas Sarkozy a décidé la construction d’un deuxième réacteur nucléaire de type EPR. Dans le monde, la production d’énergie électrique est responsable de 45% des émissions de CO2. Ce taux n’est que de 5 % en France grace à l’énergie nucléaire : notre pays va donc, dans ce domaine, suivre la bonne direction qui était jusqu’ici la sienne.
Remarquons néanmoins que nous avons en même temps un programme de construction de centrales à gaz d’ici 2020 qui représente dix réacteurs EPR ( sept si on met de côté le remplacement de vieilles centrales à charbon ) ! C’est totalement inconséquent vis à vis du réchauffement climatique, même si ça permet à des opérateurs privés du secteur de l’énergie, nouveaux venus, de se faire de l’argent sans payer trop cher leurs centrales thermiques neuves. La libéralisation du secteur de l’énergie a des conséquences néfastes qui imposent une reprise de contrôle par les pouvoirs publics.
Il faut dans ce domaine stratégique que l’Etat reprenne la main et impose une politique énergétique, une politique des transports électriques, une politique d’économies d’énergie qui soient des exemples pour les autres pays développés.

UN NOUVEAU CAP : INTERVENTION DE JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT, PRÉSIDENT DU MRC, AU CONGRÈS

22 juin 2008

Un nouveau cap.
Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Le Kremlin-Bicêtre, dimanche 22 juin 2008.

Je veux d’abord remercier Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre, et Béatrice Desmartin, Première Secrétaire du Val-de-Marne, pour l’organisation de ce quatrième Congrès du MRC parfaitement réussi. Mes remerciements vont aussi à la petite équipe du Val-de-Marne, Marianne Picard et Bastien Faudot notamment qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour nous accueillir tous dans les meilleures conditions. Un vent nouveau s’est levé dont témoigne l’affluence et le rajeunissement de nos délégués. Je veux saluer amicalement nos invités, représentants des partis de gauche, des syndicats et du mouvement associatif. Merci à l’ensemble des militants qui ont bénévolement assuré le fonctionnement et la présence de notre parti depuis le Congrès d’avril 2006. J’ai une pensée particulière pour Georges Sarre qui a tenu bon à la direction du parti pendant ces années difficiles. Je n’oublie rien des services éminents que Georges a rendus et je sais pouvoir compter sur son jugement et son expérience dans les fonctions qu’il exercera demain à mes côtés comme secrétaire national aux relations extérieures. Hommage et honneur à ceux qui nous ont quittés et qui laissent derrière eux une trace qui ne s’effacera pas : Nicole Morichaud, conseillère régionale d’Ile de France, infatigable militante du CERES, de Socialisme et République, du MDC et du MRC, et Jean-Louis Dieux, Conseiller Régional de P.A.C.A, pilier du Mouvement depuis toujours.

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Un nouveau départ était nécessaire après l’échec de 2007 qui a illustré l’impréparation idéologique et politique de la gauche dans son ensemble, quelque effort que nous ayons fait pour y remédier.

A moins de quatre ans de la prochaine élection présidentielle qui est devenue, dans notre système politique, l’élection directrice, celle autour de laquelle toutes les autres s’ordonnent, nous devons porter un regard lucide sur le rapport des forces à l’échelle mondiale afin de créer l’évènement qui permettra d’ouvrir à la France un nouveau chemin de progrès.

Trois échecs successifs à l’élection présidentielle depuis 1995 n’ont pas été l’effet du hasard. Ils s‘enracinent dans la distance prise à l’égard de la gauche par l’électorat populaire. Cette distanciation a elle-même des causes anciennes et profondes. Le projet que nous portions dans les années soixante-dix s’est heurté de plein fouet à la victoire du néo-conservatisme libéral, au tournant des années quatre-vingt et à la politique d’ouverture généralisée des marchés, y compris des marchés de capitaux. De cette défaite de la gauche, largement consentie quand s’est ouverte en 1983 la parenthèse libérale, nous subissons encore aujourd’hui les conséquences. Le capitalisme financier a pris progressivement le pas sur le capitalisme industriel. Avec l’effondrement du communisme, les multinationales ont mis en concurrence les territoires et les main-d’œuvre à l’échelle mondiale. Il en est résulté une délocalisation ouverte ou sournoise des activités des pays anciennement industrialisés vers les pays émergents à bas coût salarial, dont certains sont dotés d’immenses « armées de réserve industrielles ». Le développement des fonds spéculatifs et des fonds de pension a abouti à l’instauration d’une véritable « dictature » de l’actionnariat. Mais, la « globalisation » est entrée en crise profonde en son centre même c’est-à-dire aux Etats-Unis : crise bancaire et financière, crise énergétique et crise alimentaire, crise du réchauffement climatique enfin. Absurde est la politique qui prétend adapter la France aux recettes d’une mondialisation libérale qui prend l’eau de toutes parts.

I – Il faut d’abord comprendre la nature de cette globalisation aujourd’hui en crise.

Cette « globalisation », en effet, est un phénomène à la fois économique et politique. Ce serait rester à la surface des choses que de voir dans les « subprimes » américaines et les dérives du capitalisme financier à l’échelle mondiale la cause essentielle de la crise actuelle. Le surendettement des ménages américains a été encouragé par le gouvernement des Etats-Unis pour sortir de la précédente crise née de l’explosion de la bulle technologique, en septembre 2000. La réalité est que les Etats-Unis, artisans principaux de la globalisation depuis les années quatre-vingt, ont vécu à crédit. Ils ont depuis longtemps un train de vie qui dépasse leurs moyens. Ils ont proclamé imprudemment la fin de l’Histoire (selon l’expression de Francis Fukuyama) après la chute de l’Union Soviétique. L’Histoire les a rattrapés. Les pays émergents se sont autonomisés du FMI depuis 1998 en se désendettant. L’Hyperpuissance américaine a cru pouvoir pratiquer une politique de fuite en avant avec un déficit commercial abyssal. L’Administration Bush a entraîné ses alliés dans l’invasion de l’Irak, provoquant, à des fins principalement pétrolières et au nom de « la guerre contre la terreur », un véritable « clash des civilisations ».

Les Etats-Unis se trouvent confrontés aujourd’hui à trois problèmes cumulatifs : la récession économique, la chute du dollar, l’enlisement en Irak et au Moyen-Orient. Ils n’ont plus les moyens de maintenir seuls leur domination mondiale. Avec un budget militaire de 640 Milliards de dollars (plus de la moitié des budgets de défense à l’échelle mondiale), les Etats-Unis cherchent en Europe et en Asie des supplétifs. M. Sarkozy, en réduisant l’armée française à la dimension d’un petit corps expéditionnaire à la disposition de l’OTAN, est prêt à les leur fournir.

Nous avions dénoncé, en son temps, 1996, les conséquences possibles de l’abandon du service national, à savoir le gonflement des budgets de fonctionnement au détriment de l’équipement de nos forces armées. Aujourd’hui, on coupe dans les effectifs (-60 000) au prétexte de remédier au sous-équipement et à la vétusté des matériels. L’armée française est réduite à une taille de guêpe - 30 000 hommes - essentiellement à des fins de projection lointaine au service de l’OTAN, dans des conflits incertains et forts éloignés de nos intérêts nationaux : Kosovo ou Afghanistan.

C’est une politique de gribouille : on réduit l’effort de défense en même temps qu’on appelle à une “défense européenne” tout en rejoignant l’OTAN. Sur 27 pays de l’Union européenne, 20 sont membres de l’OTAN. Aucun, à part la Grande-Bretagne, alliée spéciale des Etats-Unis, et la Grèce face à la Turquie, ne fournit un effort de défense conséquent. La défense européenne est un mythe et restera un mythe. En réalité le Président de la République a choisi pour l’Europe une défense américaine, oubliant qu’un peuple ou des peuples qui abandonnent le souci de leur défense dans des mains étrangères abdiquent par la même la maîtrise de leur destin et l’indépendance de leur politique extérieure.

De Gaulle avait choisi l’indépendance. Sarkozy choisit la dépendance. Et cela au plus mauvais moment , quand l’Empire américain touche à sa fin, et risque de nous entraîner, comme en Irak, dans des aventures nuisibles aux intérêts de sécurité de la France.

Nous n’avons pas à nous mettre à la remorque d’une politique américaine sur laquelle nous n’exerçons aucun contrôle.
C’est seulement en restant indépendants ou en se donnant les moyens de le devenir, que la France et l’Europe se feront respecter et pourront modérer utilement et orienter l’usage de l’Hyperpuissance américaine.

En effet, ce sont les règles du jeu à l’échelle mondiale qui doivent être modifiées, dans le cadre d’un monde multipolaire dont l’avènement est rendu d’ailleurs inévitable par la montée des grands pays émergents (Chine – Inde – Brésil, etc.) et le retour de la Russie. Nous voulons que ce monde soit régi par le droit car c’est la condition de la paix.

Là sont les rôles de l’Europe et de la France, levier de notre responsabilité au monde. Nous voulons rester les alliés des Etats-Unis mais nous ne voulons pas être leurs vassaux. L’opinion publique européenne est éprise de paix. Elle souhaite que les Etats-Unis redeviennent la grande nation qu’ils sont, en acceptant la réalité d’un monde multipolaire nourri par le dialogue des cultures.

La crise de la « globalisation » bat en brèche les postulats libéraux auxquels la gauche française a cédé depuis plus de deux décennies : ainsi le libre-échangisme, car personne n’attend plus d’une nouvelle libéralisation des échanges à l’OMC un rebond de la croissance à l’échelle mondiale. Ainsi encore le refus des politiques industrielles au nom d’une conception idéologique de la concurrence qui a fini par paralyser l’action publique. Jacques Delors en prenant la défense de M. Barroso sert une bien mauvaise cause car la Commission européenne n’est pas l’incarnation de l’intérêt général. Elle est la gardienne de l’orthodoxie libérale et son dogmatisme aussi bien que le rôle existant qui est le sien barrent l’horizon d’une réorientation positive de la construction européenne.

Enfin, le refus de l’intervention des Etats dans le capital des entreprises prend l’eau à son tour, car même les pays les plus libéraux renflouent, sur fonds publics, leur système financier et même leurs grands groupes industriels. Tout montre qu’après trois décennies de « globalisation » succédant aux « trente glorieuses » du New Deal, un nouveau cycle historique est près de s’ouvrir. C’est là le rôle du MRC, servir d’aiguillon idéologique pour réveiller la gauche française et la mettre en état de peser sur les équilibres du monde.

II – En second lieu, il faut comprendre les potentialités de réorientation qu’offre cette crise.

A) C’est d’abord à l’échelle mondiale qu’il faut agir.

Les désordres monétaires sont devenus insupportables. Des fourchettes de parités doivent être définies et défendues collectivement. Les Etats-Unis doivent rétablir leur épargne. Ils peuvent être aidés à retrouver l’équilibre de leur balance commerciale par une croissance concertée des autres parties du monde et d’abord de l’Europe.

Il faut aussi que les grands pays émergents prennent davantage en compte chez eux les besoins de leur population, ainsi que le respect, au Nord, des équilibres sociaux et, dans le monde, des exigences environnementales. C’est à ce prix seulement que les pays anciennement industrialisés pourront continuer à ouvrir leurs marchés à une concurrence qui repose trop exclusivement sur l’avantage comparatif d’un très bas coût de main d’œuvre. Une régulation concertée des échanges internationaux est nécessaire.

Elle devra ménager l’accès libre aux marchés des pays riches des produits des pays les moins avancés, et notamment de l’Afrique. Leurs productions, à l’inverse, doivent être protégées. L’aide publique au développement, scandaleusement négligée, devra être rétablie et accrue. Les institutions financières internationales devraient trouver une nouvelle vocation dans la correction des inégalités croissantes de développement. Cette nouvelle donne ne sera rendue possible que par une mobilisation de l’opinion mondiale et par la réunion de grandes conférences internationales sur le modèle de Bretton-Woods en 1944-45.

B) Parallèlement, la réorientation de la construction européenne est nécessaire.

L’Europe ne se redressera pas sans la France et sans que la gauche française fasse entendre sa voix. Encore faut-il qu’elles retrouvent confiance en elles. L’Europe ne trouvera sa place dans le monde multipolaire de demain que si elle-même se révèle capable d’organiser un modèle équilibré de développement. Le « non » irlandais révèle encore une fois le rejet par les peuples d’une Europe technocratique et antisociale.
À cet égard l’instauration d’un gouvernement économique de la zone euro est un enjeu décisif. Une politique de change moins pénalisante pour l’activité, la mise en œuvre de politiques contracycliques fondées sur l’investissement et la recherche pourraient créer un environnement propice pour l’harmonisation sociale et fiscale et la promotion des services publics. L’Europe ne peut se résumer à la mise en concurrence des systèmes sociaux. Il est temps de lui donner un contenu progressiste. Le rôle de l’Allemagne sera déterminant car la politique de compression des coûts salariaux mise en œuvre depuis 2000 pénalise gravement la croissance européenne. L’excédent commercial allemand se réalise pour l’essentiel au détriment de ses partenaires européens. Le rôle de la France n’est pas moins important comme catalyseur politique pour réorienter la construction européenne dans le nouveau contexte mondial. Les institutions européennes auraient l’impérieux devoir de s’appuyer davantage sur les Etats qui restent les principaux acteurs de l’initiative publique. Malheureusement ce n’est pas le sens du Conseil européen des 19 et 20 juin.

Le « non » irlandais rend manifeste le fossé entre les élites dirigeantes européennes et les aspirations des peuples. Vouloir extorquer un « oui » au peuple irlandais en le soumettant à la « question » serait une nouvelle forfaiture.

Le peuple irlandais n’est pas un peuple méprisable. Certes il ne compte que 4 millions de citoyens mais c’est un grand peuple, farouchement attaché à son indépendance comme toute son histoire l’a montré, un peuple démocrate qui n’approuve pas les yeux fermés un texte rendu incompréhensible par la volonté de dissimuler aux peuples sa véritable nature : celle d’une Constitution européenne bis.

Et qui peut croire que, si on avait consulté les peuples français et néerlandais, ils auraient fait une autre réponse que le peuple irlandais ? M. Gordon Brown est pris la main dans le sac par la justice britannique alors qu’il renie lamentablement l’engagement de Tony Blair de faire approuver la constitution européenne par référendum.

L’Europe contre les peuples ne marche pas. La France quant à elle serait aussi fondée que les pays dérogatoires (Grande-Bretagne, Irlande, Danemark, Suède) à réclamer des garanties et des exemptions.

C’est ce que nous réclamons depuis longtemps en matière de service public, de fiscalité, d’élargissement des marges de manœuvre budgétaires. L’argument qu’on nous oppose c’est que la France, à l’initiative et au cœur du processus européen, doit montrer l’exemple. Mais tout montre au contraire qu’il s’agit, au prétexte de l’Europe, d’imposer à la France une procédure quasi disciplinaire : il est comme entendu que le peuple français n’est pas mûr pour une démocratie responsable et qu’il n’a donc pas la latitude d’exercer ses droits. Cette politique caporalisatrice est insoutenable.

C’est avec cette conception qu’il faut rompre pour aller franchement vers une Europe à géométrie variable s’appuyant sur la démocratie qui vit dans les nations.

C) Au niveau national.

L’urgence première sera de faire face à la récession qui vient. Aucun moyen ne devra être négligé, y compris l’intervention de l’Etat ou de compagnies publiques dans le capital des entreprises stratégiques, afin de préserver le tissu industriel. A cet égard, nous approuvons la prise de participation de l’Etat de 9% dans le capital des Chantiers de l’Atlantique car nous n’entendons pas nous laisser enfermer dans une opposition aveugle. Nous sommes avant tout des républicains. Nous sommes assez sûrs de notre projet pour ne pas nous enfermer dans une opposition systématique à courte vue.

Nous voulons contenir les exigences du capitalisme financier, stabiliser le capital de nos entreprises et fonder de nouvelles relations sociales sur la base d’une « Charte de l’entreprise ». L’éducation, la recherche, seront favorisées. La cohésion sociale, l’activation du sentiment républicain, la solidarité civique face à toutes les formes de communautarisme seront mises à l’ordre du jour. Une véritable écologie, au service de l’humanité tout entière, ne saurait s’enraciner que dans le terreau des Lumières, rejetant toutes les formes d’obscurantisme. Tel est notamment le cas pour ce qui est de la lutte contre le réchauffement climatique et pour un développement durable. La science et la culture doivent, en effet, rester au cœur de notre action.

III – Pour toute la gauche un nouveau départ est nécessaire. C’est le sens de l’appel que le MRC lance à ses partenaires.

A) Un nouveau départ

Pour porter cette ambition de changement, la gauche française doit impérativement dépasser ses tropismes régressifs. Il est urgent pour elle d’organiser « l’évènement » qui, trente-sept ans après Epinay, permettra une nouvelle refondation, comme elle a su le faire à chaque étape de son histoire. Cet évènement ne saurait être que la création d’un grand rassemblement de toute la gauche, ouvert à toutes ses sensibilités, radicales voire utopiques ou au contraire plus gestionnaires. La question n’est pas de savoir jusqu’où ira le rassemblement. L’impératif c’est le rassemblement lui-même qui doit se faire avec l’ensemble des hommes et des femmes de gauche et de progrès, mais en conservant la visée unitaire qui a toujours permis les grandes avancées de la gauche. Beaucoup des clivages hérités du passé ont été tranchés par l’Histoire. D’autres se sont déplacés et doivent être résolus par le débat.

La ligne politique du MRC est très volontariste. Elle vise, en créant un grand parti de toute la gauche reposant sur des analyses de principe, à contrarier, dans son intérêt même, le glissement à droite du parti socialiste et l’enfermement sur lui-même du parti communiste. Qui ne voit que la création d’un parti soi disant révolutionnaire à côté d’un parti devenu franchement social libéral offrirait pour longtemps un boulevard à la droite ?

Il faut contrarier ces tendances mortifères pour la gauche et pour le pays. A chacun de nos partenaires nous parlerons avec la franchise de l’amitié.

1. S’agissant du Parti socialiste

Ségolène Royal a été déséquilibrée pendant sa campagne par les manœuvres de l’aile libérale de son parti (les Gracques d’abord puis les prises de positions de Bernard Kouchner et de Michel Rocard). Il ne sert à rien au PS d’être hégémonique à gauche s’il n’est pas capable de devenir majoritaire dans le pays. Le PS doit tenir compte des autres sensibilités de la gauche pour renouer avec les couches populaires. Or, le PS, après l’échec de mai 2007, a montré son absence de détermination sur le fond en faisant voter majoritairement le traité de Lisbonne. En recherchant des alliances sans principes avec le MODEM, certains, en son sein, ont oublié qu’avant de s’allier, il faut soi-même savoir où on habite. La déclaration de principes du PS, malgré des références républicaines appréciables, ne comporte pas d’analyse de la mondialisation. Elle est enfin marquée par un européisme que bat en brèche la volonté des peuples.

L’éloignement de la gauche des couches populaires est un problème déjà ancien. Le risque est grand qu’en 2012 le PS aborde l’échéance décisive avec les mêmes handicaps qu’au cours des trois élections présidentielles précédentes.

Il est vital de redresser cette évolution. L’aile gauche du PS le peut-elle ? Il semble qu’elle soit profondément affaiblie et elle est elle-même divisée.

Seul un évènement né d’un choc externe pourrait redresser cette évolution. Or le prochain Congrès du PS ne sera vraisemblablement pas décisif. Seul, le PS n’opérera pas le redressement nécessaire. Il lui faut renouer à travers un projet clair avec les couches populaires. Ce projet dynamique, nous pouvons contribuer à l’apporter. Le temps presse. Cet « événement » que le MRC appelle de ses vœux doit être créé au printemps 2011 au plus tard.

2. S’agissant du PCF.

Près d’un siècle après le Congrès de Tours les raisons du divorce entre communistes et socialistes se sont estompées.

L’URSS et le communisme soviétique se sont effondrés. La théorie léniniste de la conscience révolutionnaire, importée dans une classe ouvrière spontanément réformiste et dominée par l’aristocratie ouvrière, et cela grâce à un parti appuyé sur le « socialisme scientifique », a fait long feu. Non que la théorie et l’analyse des phénomènes sociaux doivent être rejetées. Au contraire ! Mais c’est à travers le débat et la démocratie que les classes populaires doivent se doter d’un parti et d’une conscience politique à la hauteur des défis du monde d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’en rabattre sur l’ambition transformatrice mais de rompre avec le dogmatisme et la stérilisation de forces militantes précieuses.

Le PCF est tiraillé aujourd’hui entre plusieurs tentations : celle de créer une nouvelle formation à gauche du PS, avec ou sans Besancenot, et en association avec des groupes plus ou moins spontanéistes. L’échec du rassemblement autour du « non de gauche » purement anti-libéral et a-républicain a manifesté la vanité d’une telle démarche qui ne peut que dissoudre le PCF dans une idéologie victimaire compassionnelle teintée d’anarchisme.

L’autre perspective est le repli sur soi maquillé, soit aux couleurs de l’orthodoxie, soit d’une rénovation superficielle. En réalité, le PCF a atteint un étiage si préoccupant que sa réalité politique et sociologique qui reste estimable peut subir un coup fatal dès lors que le candidat du PCF aux élections risque de rééditer en moins bien les scores de Robert Hue en 2002 et de Marie-George Buffet en 2007. Le PCF dont nous apprécions la valeur de ses militants doit éviter d’aller dans le mur et nous voulons l’y aider.

Combien plus efficace en effet serait le potentiel de réflexion et d’action des militants communistes ancrés pour beaucoup encore dans la réalité populaire, s’il trouvait à se déployer à l’intérieur d’un grand parti de toute la gauche ! Ce potentiel aujourd’hui stérilisé trouverait un débouché porteur d’avenir.

3. S’agissant des radicaux et des écologistes, leurs sensibilités ont leur place dans un grand parti de toute la gauche. Les premiers parce que la République est dans leurs gènes, les seconds parce qu’ils peuvent renouveler les approches traditionnelles de la gauche dès lors qu’ils se situeront fermement sur le terreau des Lumières.

4. La situation actuelle – dérive du PS, enfermement du PCF sur lui-même – dispersion des différentes formations de la gauche ex plurielle – offre un espace pour la tentative d’Olivier Besancenot et de la Ligue Communiste Révolutionnaire de créer à la gauche d’un PS définitivement social libéral, une force soi-disant révolutionnaire. Mais qui ne voit que l’antagonisme de ces deux forces dont l’une se voudrait toute la gauche, offrirait pour longtemps un boulevard à la droite ? C’est ce qu’escompte ouvertement Nicolas Sarkozy.

B) Une refondation républicaine

Plus que jamais s’impose avant 2012 la nécessité d’une refondation républicaine de la gauche. Refondation républicaine parce qu’après l’effondrement du communisme soviétique qui a pendant des décennies barré l’horizon du socialisme démocratique, il est temps de repartir de la synthèse jaurésienne du socialisme et de la République.

L’exigence républicaine n’a rien de passéiste. Elle seule permettra de contrarier l’évolution de nos sociétés vers la fragmentation sociale et les replis identitaires, ethniques, intégristes et communautaristes. Seule l’idée exigeante de l’intérêt général dont la nation républicaine reste le lieu d’élection sans que d’autres niveaux d’appartenance doivent être gommés, peut permettre de fournir à une société déboussolée des repères convaincants. La nation républicaine est fermement ancrée dans le terreau des Lumières, celui du rationalisme et de l’humanisme. Sachons nous y maintenir fermement.

Oui, notre ligne est volontariste :

La refondation républicaine de toute la gauche est une ambition que nous devons faire partager. Elle s’imposera demain sous l’empire des nécessités. Le PS en a besoin. Le PCF n’a pas, selon moi, d’autre perspective valable, mais il n’y viendra que progressivement. Le pays surtout y aspire.

Il y a dans la société française des réserves de citoyenneté active, de civisme, de désintéressement que nous devons mobiliser. Les réticences du PCF, l’autosuffisance et la tentation hégémonique du PS sont des obstacles que nous ne nous cachons pas. Mais nous n’entendons pas nous enfermer dans des règlements de comptes anciens qui n’intéressent pas les générations nouvelles. Nous devrons lutter dans les prochaines années pour affirmer notre cap, faire un travail de conviction, nouer des alliances, provoquer la levée des blocages actuels qui réduisent la gauche à l’impuissance. Encore une fois, le problème pour le PS n’est pas de conquérir l’hégémonie à gauche. C’est de faire en sorte que la gauche puisse devenir majoritaire en France. Notre projet d’un grand parti de toute la gauche serait un puissant atout pour la gauche et le serait pour son candidat s’il savait se l’approprier assez tôt, ce qui n’a pas été possible en 2007.

Le MRC, pour ce qui le concerne, sera l’inlassable artisan de cette refondation républicaine. Pour créer un cadre politique commun, il faut que nous soyons capables de porter et faire connaître notre projet à travers des forums de l’Unité et des Assises de la gauche qui pourraient se tenir dès 2009.

Dans le débat intellectuel contemporain, le MRC a un rôle essentiel à jouer : celui d’aiguillon idéologique et de formation militante. Dans l’immédiat, notre parti doit se fixer quelques objectifs simples d’ici notre Prochain Congrès :

1. la réussite de notre Université d’été à Belfort dont la date est fixée aux 6 et 7 septembre, et dont le thème sera l’état de la gauche et les perspectives de sa refondation ;
2. le doublement de nos effectifs et la mobilisation de nos réseaux de sympathisants ;
3. l’affirmation de notre cohérence politique par l’organisation de manifestations publiques, en liaison ou non avec d’autres organisations ou sociétés de pensée ;
4. la diffusion de « Citoyens militants » et de la ligne républicaine dans les milieux de sympathisants qui un jour pourront rejoindre le grand parti de toute la gauche et en attendant le MRC ;
5. la création d’une Ecole des cadres en vue de former au moins une cinquantaine de « leaders » potentiels, articulés idéologiquement et capables de s’exprimer dans les médias ;
6. financièrement je renouvelle l’appel à une souscription nationale et je demande à tous les élus qui touchent une indemnité d’en consacrer une partie pour assurer la réussite de notre projet. C’est pour remplir ces tâches qu’un secrétariat national renouvelé plus qu’à moitié, issu majoritairement des régions, à la fois expérimenté et rajeuni, vous a été proposé. J’aurai besoin de l’engagement de tous.
7. Enfin, je n’oublie pas que nous devons préparer les prochaines échéances électorales. Les sénatoriales d’abord, en septembre prochain, où je serai candidat pour faire entendre, avec nos deux autres parlementaires, une voix républicaine au sein du Parlement.

Ensuite viendront les élections européennes, les élections régionales, puis les cantonales. Nous n’entendons pas, comme certains essayent de le faire croire, rejoindre le PS avec armes et bagages. La refondation républicaine a un contenu idéologique. Elle a une assise politique. Aucune décision ne sera donc prise par le MRC pour participer à quelque recomposition de la gauche que ce soit, en dehors d’un Congrès extraordinaire.

Aucune refondation de la gauche en effet ne peut se faire qu’à travers une analyse du monde et précisément une critique de la globalisation libérale et, par ailleurs, à travers un projet comportant des éléments programmatiques réalisables.

Avant de se poser le problème des alliances, la gauche doit savoir où elle habite. Elle vise à rassembler le monde du travail sur un projet humaniste. Elle porte l’héritage républicain qui, à partir de la notion d’intérêt général, permet le dépassement des intérêts particuliers, des égoïsmes, des corporatismes et des communautarismes. La pluralité d’appartenances conduit à définir une multiplicité d’intérêts généraux qu’il faudra savoir hiérarchiser à travers un projet nouant ensemble l’intérêt national, l’intérêt européen et les intérêts de l’humanité dans son ensemble. Rien là qui ne soit conforme au patriotisme républicain et à l’internationalisme, dont Jaurès avait su montrer la complémentarité.

La valorisation du travail, la recherche de l’égalité et d’un progrès mieux partagé, la solidarité, l’épanouissement individuel prenant tout son sens dans un dessin de réussite collective, la promotion du sens des responsabilités, bref du civisme, la laïcité enfin, constituent un socle de valeurs solides pour l’édification d’une République moderne, démocratique et sociale.

A partir de ces orientations, nous proposons que toutes les organisations et toutes les personnalités de gauche et de progrès qui le voudront réunissent dans tous les départements des forums de l’Unité. Ces forums, largement ouverts, auraient à traiter quelques sujets clés :

1. l’analyse de la globalisation et les conséquences à en tirer pour l’action de la gauche au gouvernement ;
2. la valorisation du travail ;
3. la réorientation de la construction européenne ;
4. la forme du nouveau rassemblement de la gauche à créer.

Ces forums pourraient déboucher sur des Assises de la gauche en 2009 qui prépareraient, sur la base d’un projet clair, un Congrès de rassemblement de toute la gauche au sein d’un grand parti. C’est à cette occasion que serait élu, au suffrage universel des militants, le candidat de la gauche à l’élection présidentielle de 2012. Ce candidat ne serait pas seul. Il serait porté par un projet collectif et par un élan qu’il nous appartient de faire lever sans attendre dans le pays.

Voilà la perspective. Elle demandera du travail, de la persévérance, de l’enthousiasme, mais il n’y en a pas d’autre pour offrir à la France un avenir et les repères républicains qui lui manquent cruellement aujourd’hui.

Soyons sûrs de nous, de nos valeurs républicaines, de nos analyses de ce qu’est le capitalisme financier contemporain, de la pertinence de notre projet. Nous sommes la pointe émergée d’un iceberg républicain qui a dans le pays une réalité ancienne et profonde. Toutes les dernières élections nationales l’ont démontré : il y a dans le pays entre deux ou trois millions de citoyens qui ont encore une idée assez haute de l’intérêt national pour en faire dépendre leur vote et qui, en définitive, font pencher la balance.

Mais nous ne sommes pas qu’une réserve de voix potentielle. Nous offrons à la gauche des repères et un cadre de références dont elle a besoin pour retrouver la confiance du pays et d’abord celle des couches populaires.

Tenez bon ! Camarades, citoyens, les évènements viendront à notre rencontre. Déjà notre appel rencontre de puissants échos à gauche et notamment au sein du parti socialiste. Des convergences s’organisent naturellement. Le pouvoir de M. Sarkozy ne se soutient que par l’absence d’un projet réellement alternatif sur lequel la gauche pourrait se rassembler. La France se réveillera et la gauche se redressera. A une condition : que vous-mêmes vous teniez le cap républicain !

En avant, citoyens camarades pour faire du MRC le levier de cette refondation. Vous ne perdez pas votre temps car ce cap est le bon, non seulement pour la gauche, mais pour la République et la France !

21 et 22 juin : le congrès national du MRC au Kremlin-Bicêtre

22 juin 2008

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Voici la liste du nouveau secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen, après le congrès du Kremlin-Bicêtre.


Secrétaires nationaux :
1. Coordination : Jean-Luc Laurent
2. Diffusion des idées et formation - Ecole de Cadres : Marie-Françoise Bechtel
3. Relations extérieures : Georges Sarre
4. Elus : Etienne Butzbach
5. Relations avec le Parlement : Christian Hutin
6. Porte-parole : Pierre Dubreuil
7. Porte-parole : Catherine Coutard
8. Syndicats – Mouvement associatif : Claude Nicolet
9. Finances : Yves le Hénaff
10. Trésorerie : Christophe Bénavides
11. Relations internationales : Sami Naïr
12. Droit des Femmes : Aimée Gourdol
13. Université d’été, Projet et prises de position du parti : Patrick Quinqueton
14. “Citoyens Actualités” : Dominique Vial
15. Fédérations : Béatrice Desmartin
16. Communication, Idées, rayonnement local : Julien de Verrières
17. Elections : Guillaume Vuilletet
18. Développement du parti (en liaison avec les secrétaires nationaux en régions): Renée Rémy
19. Education : Michel Vignal
20. Etudiants : Eléonore Perrier
21. Jeunesse : Eric Martin
22. Citoyenneté : Rachid Adda
23. Santé et protection sociale : Ladislas Polski
24. Environnement, énergie : Gérard Pierre
25. Agriculture : Michel Sorin

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Le congrès du Mouvement républicain et citoyen (MRC), réuni dimanche au Kremlin-Bicêtre, en région parisienne, a élu Jean-Pierre Chevènement à la présidence de ce parti dont il était jusqu’à présent le président d’honneur.

Les délégués ont adopté également une motion approuvant la stratégie proposée par M. Chevènement, appelant à un “grand parti de toute la gauche” avec d’autres forces comme le PS et PCF.

Ce dernier propose la mise en place de “forums pour l’unité” débouchant sur “des assises de la gauche en 2009″ et arriver, au plus tard en 2011, à un “congrès de rassemblement” de la gauche dans la perspective de la présidentielle de 2102.

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Non à l’Europe des expulsions et de la rétention

18 juin 2008

Sami Naïr, Secrétaire national du MRC / 18 juin 2008

La nouvelle directive européenne sur l’immigration illégale, qui propose des normes communes sur la rétention et l’expulsion, s’inscrit dans la logique de durcissement adoptée depuis 2005. Quatre dispositions, hautement symboliques, sont introduites : elles concernent le retour volontaire, la rétention, la réadmission et les mineurs.

La directive prétend ouvrir la possibilité d’un retour volontaire dans un délai de 4 semaines. Mais la formulation est extrêmement ambiguë : elle appelle retour volontaire ce qui est en réalité un retour obligatoire. Ainsi, l’article 6 alinéa 2 place l’étranger dans des contraintes permanentes, comme par exemple le fait de devoir « se présenter régulièrement aux autorités, déposer une garantie financière, remettre des documents ou demeurer en un lieu déterminé ». Les Etats vont également mettre en place un financement de ce retour. Sur la durée de rétention, l’UE a déjà créé, au titre de la politique dite d’« externalisation », des camps d’internement pratiquement hors droit. Désormais, il s’agit de légiférer sur la durée de rétention à l’intérieur même de l’UE. La « garde temporaire » avant expulsion dans le pays d’origine, est fixée maintenant à six mois (art.14) et pourra atteindre jusqu’à dix-huit mois. Le projet initial de la Commission proposait une durée maximale de six mois. Les Etats, présentant entre eux des durées de rétention extrêmement différenciées et pouvant aller de trente-deux jours en France ou quarante-deux jours en Espagne à l’astreinte illimitée, se sont mis d’accord pour adopter la moyenne de… dix-huit mois !

Les partisans de ce durcissement présentent cette décision comme une victoire face aux Etats les plus répressifs, qui pratiquent la rétention illimitée. Mais n’est-ce pas aussi permettre aux plus protecteurs d’avoir désormais la possibilité de passer de trente-deux jours à dix-huit mois ? Un alignement sur une moyenne de détention haute ne saurait être une « avancée ».

Cette disposition se double d’un autre verrou, qui concerne la réadmission sur le territoire européen de l’étranger expulsé. Désormais, celui-ci ne pourra plus se présenter aux frontières de l’Union pendant cinq ans (ou plus, s’il est catalogué comme représentant une menace pour la sécurité) (article 9). Dans les faits, il s’agit de l’institution d’un véritable délit d’immigration. Berlusconi, suivant les propositions des ministres néofascistes de son gouvernement, a poussé cette pénalisation à son terme : il a introduit dans le code pénal italien un « délit d’immigration clandestine » qui sera puni d’une peine allant de six mois à quatre ans de prison ! Les responsables européens n’approuvent pas cette décision, mais n’est-elle pas désormais une possibilité dans la conception de l’immigration illégale comme délit ?

Le troisième durcissement concerne les mineurs. Tous les pays de l’Union font face à cette nouvelle forme d’immigration. Mais comment réagir ? Le droit des mineurs étant l’un des plus protégés, on ne peut l’aligner purement et simplement sur la réglementation répressive qui prévaut à l’égard des adultes. Or, l’article 14 de la directive pose que les Etats auront le droit de détenir des mineurs pendant la même durée que les adultes, même si ce ne sera pas dans des « établissements pénitentiaires ordinaires ». Mais nulle part ne sont définis ces « endroits spécifiques ». La directive prétend respecter le principe de l’« intérêt supérieur de l’enfant » prévu par la Convention des Nations unies relatives aux droits de l’enfant (1989). Mais celle-ci ne traite pas de façon spécifique de la détention d’enfants pour cause d’immigration illégale.

D’autre part, dans la directive, se dessine en filigrane un mouvement de « déjudiciarisation » des procédures de détention et d’éloignement. Ainsi, l’article 14 alinéa 2, postule que « les décisions de placement en garde temporaire sont prises par les autorités judiciaires » mais précise, qu’« en cas d’urgence, elles peuvent être prises par les autorités administratives [...] » et ensuite « confirmées » par les autorités judiciaires dans un délai de soixante-douze heures. Or, dans la pratique, cette substitution de la compétence du juge administratif à celle du juge judiciaire tendra à se systématiser et aura inévitablement des conséquences néfastes sur le respect des droits de l’étranger.

Cette directive s’accompagne également d’une offensive de la future présidence française de l’Union européenne, visant à rendre l’intégration des immigrés plus difficile encore. Sarkozy propose un « pacte d’immigration » visant à codifier des règles de sélection pour l’accueil des étrangers. La présidence française veut aussi faire admettre le principe du refus des régularisations « massives », afin d’éviter un « effet d’appel » qui aurait des répercussions sur tous les pays européens. Mais que signifie « massif ? » Pourquoi n’y a-t-il pas de chiffre ?

La réduction progressive du droit d’asile depuis le Traité de Maastricht conduit à des restrictions importantes. L’un des scandales les plus immoraux de ces dernières années concerne le cas des réfugiés irakiens. Depuis l’invasion de l’Irak, plus de 2,4 millions de personnes ont quitté leur pays. Entre 2003 et 2007, environ 100 000 Irakiens ont demandé l’asile en Europe, dont 40 000 entre 2006 et 2007. C’est beaucoup ? Eh bien la Syrie, dont le PIB est autrement plus bas que celui de l’UE, en a accueilli 1,4 million ! L’Europe se plaint de faire face à une augmentation de demande d’asile. Ce n’est pas vrai : l’Europe reçoit relativement peu de demandeurs d’asile comparé aux millions de personnes qui migrent à l’intérieur de l’Afrique et de l’Asie. En revanche, il y a surtout un durcissement continuel des règles d’entrée qui grossit objectivement le nombre de refus et donc le nombre de reconductibles aux frontières. En réalité, le contenu global de la nouvelle directive comme celui des propositions françaises est très inquiétant. Qu’il faille légiférer sur les réfugiés demandeurs d’asile et sur l’immigration illégale, est évident - mais faut-il toujours le faire, sous prétexte de la crise économique, au mépris du droit des gens ?

Sami NAIR
Docteur es-lettres - Docteur en Philosohie
Professeur de Sciences-Po à Paris VIII
Professeur à l’Université Carlos III de Madrid
Membre du MRC

Congrès départemental du MRC 56 à Auray

17 juin 2008

Les militants morbihannais se sont prononcés pour la création d’un grand parti de toute la gauche, dans une perspective majoritaire qui impose un changement d’orientation politique. Voir ci-dessous l’article du télégramme :
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Nos camarades de Guingamp ouvrent un blog !

16 juin 2008

La présence du MRC s’étoffe en Bretagne. Le blog http://mrc-guingamp.over-blog.com/fait son apparition. Bonne chance à notre comité local de Guingamp !

Communiqué de presse du MRC 35 : Le non irlandais est un service rendu à l’Europe tout entière.

15 juin 2008

Le comité MRC 35 se réjouit du rejet du Traité Européen par le peuple irlandais.

A la différence de la France, les Irlandais ont pu s’exprimer démocratiquement par le suffrage universel.

Ce vote donne une formidable leçon de démocratie aux députés et sénateurs français qui ont cru bon de dénier ce droit au peuple français.

Ce vote montre également que l’Europe ne peut se faire en trompant les électeurs avec un traité qui n’est qu’un mauvais « copié-collé » du projet de Constitution déjà refusé par les Français en 2005.

L’exigence du moment est de respecter le vote irlandais et de réfléchir aux motifs de la situation pour envisager demain un compromis européen réaliste et ambitieux.

Réaliste : tous les pays d’Europe n’ont pas la même vision de l’Europe. En conséquence, une Europe à géométrie variable fondée sur des coopérations renforcées s’impose.

Ambitieux : le refus d’une Europe libérale et anti-sociale suppose de mettre un terme aux renoncements auxquels se livre le gouvernement français au prix des délocalisations d’entreprises et de l’affaiblissement de la France.

Dans le cadre du projet politique porté par JP Chevènement , le MRC35 invite celles et ceux qui veulent faire avancer l’Europe sur le chemin du progrès démocratique et social à le rejoindre.

comite35@mrc‐bretagne.org
 
14 juin 2008 

Les peuples européens veulent exercer leur pouvoir démocratique : à son tour, le peuple irlandais dit NON !

13 juin 2008

La construction européenne ne peut plus se faire dans le dos des peuples. L’Europe sera plus forte si elle s’appuie sur les nations qui la composent .

Mais ce n’est pas la voie que vont suivre les ouistes :
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Qu’ils nous laissent nos plaques !, par Vincent Huet

30 mai 2008

Cet article est paru sur le site du MRC 44

    Non contents de n’avoir rien fait sur l’essentiel et depuis tant d’années, nos technocrates ont pris l’habitude de se rattraper sur le superflu. Dernier exemple ? La refonte imminente, mais, espérons-le, pas inéluctable, de nos bonnes vieilles plaques minéralogiques.

    Force est de constater que les plaques d’immatriculation de nos véhicules ne répondaient plus aux critères de convergence du savoir-vivre tels qu’ils sont édictés à Paris ou Bruxelles. Pensez-vous ! Permettre au quidam de reconnaître, d’un simple coup d’oeil, le département d’immatriculation de tout véhicule, d’identifier de loin la voiture d’un ami de passage ou de se méfier d’un conducteur qui ne connaîtrait pas la région alors que, comme chacun sait, le monde mondialisé est à tout le monde… quelle balourdise !

    Heureusement, nos technocrates nous ont mijoté en douce une toute nouvelle plaque minéralogique à la sauce du progrès. Elle présentera dorénavant, pour notre plus grand bien, une succession de chiffres et de lettres attribuée au niveau national, sans aucun signe distinctif d’un département, d’une ville ou d’une quelconque région. Un numéro de série qui n’évoquera plus qu’un univers insondable de paperasses obscures et de fichiers barbares. L’aléa mathématico-administratif enfin reconnu à sa juste valeur en lieu et place de la représentation d’un territoire.

    Précision : si le propriétaire du véhicule le désire, l’administration lui permettra, suprême tartufferie, d’ajouter sur sa plaque, à la suite de son numéro de série mais en plus petit, le numéro de département de son choix (!), voire tout autre macaron à connotation vaguement géographique. Quelque chose du genre “Toulousain malin”, “Bienvenue chez les Ch’tis” ou “Fier d’être Marseillais”. Rien que de très conforme à la veine folklorico-touristique qui, dans cette époque où le ridicule ne tue plus, semble devoir faire office d’aménagement du territoire.

    Qu’est-ce qui motive les hommes et les femmes, car il y en a forcément, à l’origine de ce fumeux projet ? Quel grand dessein anime ces cerveaux ? De quel bois révolutionnaire se chauffent-ils ? Sont-ils insensibles au point de ne pas comprendre que, sur une aire d’autoroute normande, dans un village des Vosges et même place de l’Etoile, la vision d’une Clio blanche immatriculée 75 ne procure pas exactement le même effet que la vision d’une Clio blanche immatriculée 74, toutes options du véhicule étant égales par ailleurs ? Comme une manière quotidienne et plaisante, pour le petit peuple, d’appréhender le réel, de ne pas se noyer dans le tourbillon sans âme d’un monde anonyme.

    Jusque-là, en matière de bagnole, chacun avait à peu près saisi le discours : les phares blancs, c’était pour mieux y voir ; les plaques jaunes et blanches, pour mieux être vu. Mais là, avec ces plaques fantomatiques, pas l’ombre du début d’un argument… Etait-ce trop simple d’ajouter une quatrième lettre là où trois ne suffisaient plus ? Si difficile, pour une fois, de ne rien réformer du tout

    Face à cette stupéfiante décision, une seule explication paraît tangible : permettre enfin à nos talentueux décideurs de ne plus avoir à arborer un rictus emprunté quand, au volant de leurs berlines estampillées 92, 78 ou 75, les beaux jours revenus, ils arpentent en famille les chemins du Lubéron, du Lot, de Bretagne, de Corse… Mais s’ils ne sont pas l’aise avec la France telle qu’elle est, riche en provinces et jalouse de ses charmes, proposons-leur une alternative bien plus radicale : partir en avion, et gagner la clémence de tropiques sans histoire. Ou bien, qu’ils restent en France et qu’ils se mettent au vélo. Mais au moins, qu’ils nous laissent nos plaques !

Pêcheurs… à la diète pendant que les autres se gavent ( par Christine Tasin )

29 mai 2008

Mardi 27 mai 2008

On a tout dit à propos de la révolte, ô combien justifiée, des pêcheurs et à propos de Bruxelles à qui nos dirigeants ont donné le droit de
faire la loi et la misère chez nous. 

Il n’en demeure pas moins que le numéro de Sud-Ouest du 20 mai dernier m’a fait bondir. Côte à côte, deux articles, l’un expliquant que nombre de pêcheurs mangeaient et dormaient
sur leur navire, faute de pouvoir encore payer un loyer, l’autre qu’un salaire annuel de 300000 euros dans le rugby français était devenu chose courante pour les meilleurs joueurs.

Or, ces salaires pharamineux payés par les clubs sportifs, d’où viennent-ils ? Du produit de la publicité  payée par TOUS les consommateurs, sportifs ou pas,   de la
vente de produits dérivés comme les tee-shirts, payés par l’amateur, du sponsoring des entreprises, payé par les salariés qui voient ainsi leur fiche de paye diminuer au profit des
clubs sportifs, et des subventions des collectivités, payées par tous les contribuables …  

On peut aussi relever les revenus des acteurs, chanteurs et autres stars : est-il pensable qu’un seul homme perçoive en un an plus de 3 millions d’euros, comme Daniel Auteuil ? Que peut-il en faire ? Argent payé, aussi, en partie par le contribuable, qui finance, via sa redevance et la publicité les contributions des chaînes de télévision au cinéma français et qui est obligé de limiter ses sorties au cinéma… trop chères.

Evidemment, les PDG des multinationales, les golden-parachutes, les retraites dorées des patrons de banques, entreprises etc. sont du même tabac : puisque les superstars du CAC 40 perçoivent entre 2 et 3 millions d’euros  par an, hors stock-options… prises sur le dos des salariés mal payés et sur le prix des produits achetés par les consommateurs.


On me répondra que c’est une fatalité, qu’on ne peut l’empêcher sauf à faire fuir des gens capables de notre pays. 



Je demanderai s’il est pensable de laisser une société comme la nôtre se développer. Cela me rappelle furieusement 1789 : d’un côté des gens qui bossent comme des fous, qui ont de moins en moins de droits et de protection, de l’autre une élite qui croule sous l’argent, les possessions, les pouvoirs et les privilèges de toutes sortes. 


Le but de la politique, c’est de penser la société, c’est de proposer un projet de société propre à rendre la vie meilleure pour un maximum de citoyens, or, je ne vois ni n’entends personne, à gauche ni à droite, proposer des pistes de réflexion pour que chacun vive correctement et pour que l’argent contribue à restaurer des valeurs : peut-être que lorsque un chirurgien qui fait des miracles gagnrera plus qu’un homme qui court derrière un ballon, les Français et leurs enfants retrouveront le goût de l’effort, celui de la décence et celui du bien commun et de la solidarité, le sens de ce que les Anciens appelaient la Vertu..  


Voir l’article sur le site de Christine Tasin

Touche pas à mon préambule !

29 mai 2008

Par Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit public à l’université Rennes-1, tribune parue dans Le Figaro, 23 mai 2008. Anne-Marie Le Pourhiet détaille les raisons pour lesquelles il ne lui semble pas judicieux de réviser le préambule de la Constitution où sont consacrés la philosophie politique de la France ainsi que les droits et libertés des citoyens.

Lire l’article

Communiqué de presse du MRC 35

26 mai 2008

Constitution du  Comité départemental d’Ille et Vilaine 

Face à l’impasse politique et sociale dans laquelle Nicolas Sarkozy entraine la France, le moment est venu pour le MRC de proposer un contenu politique et des moyens pour la création d’un grand parti de Gauche.
Le projet politique du MRC est plus que jamais d’actualité pour la France, l’Europe et le monde ; il repose sur :
• La réorientation de la construction européenne,
• La prise en compte de normes sociales et environnementales dans les règles de l’OMC,
• Une clause antidumping social,
• La réaffirmation des principes laïcs et républicains,
• La sauvegarde des services publics,
• Une politique étrangère et de défense indépendantes.

Suite à sa constitution, le Comité MRC 35 invite les citoyens et citoyennes d’Ille et Vilaine à partager ce projet.

Contact : comite35@mrc‐bretagne.org 

Réforme constitutionnelle : article 1er et article 2

23 mai 2008

Amendement modifiant l’article premier de la Constitution ( celui qui énonce que La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale) : “Les langues régionales appartiennent à son patrimoine national”. Ne mélange-t-on pas des considérations qui ne sont pas du même ordre ?

Et le Français ?
Le Français, rassurez-vous, il vient après, à l’article 2 …

François Bayrou, défenseur de cet amendement, s’inquiétait lui-même aujourd’hui de l’ordre dans lequel les langues parlées en France apparaissent dans notre Constitution …

Pontivy : appel à manifester pour les retraites … et pour les emplois chez Dandy!

22 mai 2008

Article du Télégramme du 20 mai : les lecteurs auront rectifié : le MRC est Républicain et Citoyen !

Communiqué du MRC 22 ( 20 mai 2008 )

20 mai 2008

Le MRC 22 se prononce pour une nouvelle politique économique nationale et européenne qui permette les créations d’emploi et la réindustrialisation. Nous demandons une augmentation significative des salaires et des retraites, le maintien de la retraite à 60 ans, à 40 ans de cotisation maximum. De nouveaux financements peuvent venir d’une taxation des revenus financiers et de l’accroissement du taux d’activité des jeunes et des plus de 50 ans. Notre modèle social républicain, conçu à une époque où notre pays était bien moins riche, doit être restauré. Dans cette perspective, nous apportons notre soutien à la journée d’actions et de manifestations pour les retraites du 22 mai décidée par les confédérations syndicales Cgt, Cfdt, FO, Cftc et Cgc.

Article paru dans le Télégramme le 22 mai

La libéralisation de la grande distribution

20 mai 2008

Lu dans “levraidebat.com”
Le gouvernement aurait trouvé la solution miracle pour redonner des couleurs au pouvoir d’achat : libéraliser la grande distribution !
Susurrée à l’oreille de Nicolas Sarkozy par Jacques Attali et Michel-Edouard Leclerc, cette mesure est une vaste arnaque, déjà dénoncée par plusieurs économistes.
Autrement dit, le raisonnement sous-jacent à cette analyse serait le trop faible nombre d’enseignes de grande distribution en France.
La suite de l’article

Journée d’actions et de manifestations le 22 mai pour les retraites

20 mai 2008

A l’occasion de cette journée, que nous soutenons, citons notre “projet républicain”, récemment proposé au débat dans la perspective de la refondation de la gauche :

Revaloriser le travail

Rééquilibrer les revenus du travail et du capital

La revalorisation du travail, par rapport aux revenus du capital, peut commencer en France par la réforme des charges sociales. Nous proposons que les cotisations sociales patronales, aujourd’hui assises sur les salaires, soient graduellement remplacées par une taxe assise sur la valeur ajoutée comptable de l’entreprise. Les cotisations salariales, à l’exception de la retraite, doivent être transférées vers une CSG ne supportant pas l’impôt. Ces transferts permettront aux entreprises de poursuivre l’effort de revalorisation du SMIC et de rendre aux salariés du pouvoir d’achat. A l’inverse, les revenus du capital seraient appelés à financer bien davantage la protection sociale.

Garantir les protections sociales

Le chômage important des jeunes et des salariés après 50 ans constitue un immense perte de cotisations pour les régimes de protection sociale. L’issue n’est pas dans les fonds de pension qui ne font qu’engendrer de nouveaux risques. Elle est dans la réforme de l’assiette des cotisations, l’amélioration du taux d’activité en fin de carrière… et dans le recul du chômage.

Nous voulons renforcer un système de protection universel, égalitaire et solidaire, dégagé des contraintes de rentabilité mais équilibré financièrement. Nous proposons de rendre au Parlement un rôle directeur dans la politique de santé publique et dans les dépenses de santé : (politique du médicament, libérée des pressions des grands groupes pharmaceutiques, modernisation de l’hôpital public, et synergie entre médecine de ville et établissements, Agences régionales de santé, organisation du risque dépendance, etc.

Commémoration de la Commune de Paris

19 mai 2008

Commémoration de la Commune de Paris : allocution de Georges Sarre

Fête des Cerises / 17 mai 2008

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes réunis, ici, comme chaque année, le samedi qui précède le triste anniversaire de la « semaine sanglante », pour commémorer la Commune de Paris, les communards.

C’est une coutume, une tradition pour notre mouvement ; elle ne relève pas du rituel passéiste ; elle s’inscrit dans notre message contemporain.

Que disait hier, ce petit peuple qui s’insurgea, ici, dans l’Est parisien, sur le plateau d’Avron, les hauteurs de Belleville, la butte Montmartre ou à Ménilmontant ? Il disait son patriotisme contre la veulerie d’une majorité de la grande bourgeoisie ; une bourgeoisie qui s’était résolue à brader la France dans un accord de paix avec l’occupant prussien.

Car ce « parti de l’ordre » au pouvoir, le parti de Thiers, c’était bien, objectivement, le parti du renoncement. Il ne l’était pas par principe ; il l’était par logique de classe. Les grands bourgeois, de l’Ouest parisien et de Province, ont, pour beaucoup, bradé la France, parce qu’ils étaient, avant tout, attachés à leurs biens personnels. L’intégrité du territoire national leur importait moins que la préservation de leurs domaines et de leurs fortunes. La souveraineté de la France ne méritait pas le combat ; et peut-être même n’étaient-ils pas fâchés, pour certains, royalistes et conservateurs, que cette souveraineté fût abîmée, dès lors que, de plus en plus, depuis 1792, la Première, puis la Deuxième République en 1848, cette souveraineté nationale devenait aussi souveraineté populaire ! Odieux petit peuple d’ouvriers, d’artisans, de petits commerçants, nombreux, et donc menaçants, qui, d’insurrections en conquêtes politiques, s’invitaient à la table du pouvoir ! Et puisque l’Empire avait chu, puisque la République était à nouveau proclamée, s’il fallait que l’armée prussienne fût l’instrument qui contînt le peuple, alors, va pour l’armée prussienne !

Oui, le « parti de l’ordre », le parti de Thiers, les Versaillais, étaient bourgeois avant que d’être français, et, de l’autre côté des barricades, la Commune était socialiste en même temps que patriote ! Car c’est à la fois la reddition nationale et la régression sociale qu’ont rejetées les Communards. C’est à la fois la domination de l’Empire Allemand proclamé dans la galerie des Glaces à Versailles, et la suppression, décidée, elle aussi, à Versailles, du moratoire sur les effets du commerce, des loyers et des dettes, qui mettait 100.000 à 200.000 personnes sur la paille.

Oui, le parti de la domination sociale était le parti du compromis, et le petit peuple avait ses armes et son patriotisme pour défendre jusqu’à sa survie alimentaire. Oui, la Commune est l’un de ces nœuds gordiens de l’Histoire qui démontrent que patriotisme et socialisme bien compris sont l’endroit et l’envers d’une même médaille, celle de la République, de la République sociale.

Alors bien sûr, certains Communards étayaient leur révolte sur une pensée politique plus construite que d’autres, mais les ressorts social et patriote étaient bien là pour tous. Pour certains, le socialisme est déjà pensé. Songeons à Eugène Varlin, fils de paysans pauvres, artisan relieur à Paris, qui participe dès 1869 à la création de la Fédération Parisienne des Sociétés Ouvrières, celle qui donnera plus tard naissance à la C.G.T.. Il avait déjà, avec Malon, prôné pour l’élection législative de 1869 la nationalisation des banques, des assurances, des mines, des chemins de fer… Varlin, qui faisait bouillir gratuitement ses marmites pour les pauvres, participa à la prise de la place Vendôme… et fut fusillé.

Mais la Commune, avant d’être réprimée dans le sang, mit en œuvre, en deux mois, des réformes sociales des plus avancées. Elle organisa la solidarité en distribuant des pensions aux veuves, aux orphelins, en instaurant la vente publique de nourriture bon marché ; elle mit en place le salaire minimum, l’enseignement laïc, et même, dans certains arrondissements comme le XXe, gratuit. Bref, la Commune est l’expérience de la plupart des réformes républicaines et socialistes qui seront peu à peu conquises au fil des décennies suivantes.

Ce mouvement, ces progrès, ont été bâtis par ce que l’on pourrait appeler la gauche. Mais d’abord par une majorité sociale. C’est cette masse du « petit peuple », dont l’unité tenait à la convergence sociale et au patriotisme, qui imposa la Commune. Les jacobins, dont nous sommes d’une certaine manière les héritiers, composèrent avec les radicaux, les blanquistes ou les proudhoniens ! Les divergences, importantes, furent dépassées face à l’ennemi.

Parce qu’il y avait un cap, parce qu’il y avait une substance patriote, parce qu’il y avait une majorité sociale.

Chers amis, chers camarades, oui, la Commune s’inscrit dans le message contemporain que porte le Mouvement Républicain et Citoyen. Demain, nous conquerrons les leviers du pouvoir ; demain, nous ferons les réformes sociales dont la France a besoin, si aujourd’hui, nous, Mouvement Républicain et Citoyen, sommes capable de donner à la gauche une substance patriote et l’envie de rassembler, des ouvriers aux fonctionnaires, aux artisans, aux commerçants, aux employés, aux petits patrons, une large majorité sociale.

C’est cela, je le crois, le « grand parti de la gauche » que nous appelons de nos vœux avec Jean-Pierre CHEVENEMENT.

Et c’est avec lui, je l’espère, que nous pourrons démontrer qu’Eugène Pottier, l’auteur de l’Internationale, avait raison d’écrire, en 1886, peu avant sa mort : « Tout ça n’empêche pas, Nicolas, que la Commune n’est pas morte… »

Qu’on se le dise, surtout un certain… Nicolas !

Vive le socialisme, vive la République sociale, vive la Nation !

Constitution du comité départemental d’Ille-et-Vilaine

18 mai 2008

Après la réunion tenue le 28 avril à Rennes, le Comité Départemental du MRC s’est constitué et s’est doté d’un bureau. Les participants ont confronté leurs points de vue sur la nécessaire refondation de la gauche. Tout en souhaitant un électrochoc capable d’attirer dans un même parti toutes les sensibilités de la gauche, ils ont repoussé la perspective d’une simple dissolution du MRC dans le PS. Dans l’immédiat, nous devons approfondir notre repérage des courants qui ont partagé notre analyse sur les traités européens et sur la refondation.
Nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à ressentir la nécessité d’agir pour restaurer notre modèle social républicain après une année de régression sarkozyste. Vous pouvez renforcer notre comité départemental en nous joignant par courriel :
comite35@mrc-bretagne.org

Le tract de nos camarades de RÉSISTANCE SOCIALE

17 mai 2008

15 ET 22 MAI

Chevènement propose un Congrès de rassemblement de la gauche en 2010 ou début 2011

14 mai 2008

Dépêche AFP, mercredi 14 mai 2008, 18h19.

Chevènement propose un Congrès de rassemblement de la gauche en 2010 ou début 2011

Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC, a appelé mercredi à un débat à gauche pour créer un grand parti de toute la gauche, avec la tenue d’un "Congrès de rassemblement" en 2010 ou début 2011 permettant une "candidature commune" à la présidentielle de 2012.

Cette stratégie est proposée dans une motion d’orientation adoptée par la direction du Mouvement républicain et citoyen (MRC), pour son Congrès des 21 et 22 juin prévu au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), ville gérée par un maire MRC, Jean-Luc Laurent.

"L’impératif est le rassemblement" et "les clivages internes de la gauche doivent être dépassés par le débat", a affirmé lors d’un point de presse M. Chevènement pour qui ce grand parti doit être fondé sur un "projet républicain".

Pour l’ancien ministre, le contexte est favorable à un tel "électrochoc". "Nous sommes à l’aube d’une crise profonde et systémique", la "globalisation est en crise. Un tsunami est à l’horizon".

M. Chevènement affirme croire aux "miracles républicains" - comme celui qui a permis, selon lui, la fondation du PS au Congrès d’Epinay en 1971.

Des étapes intermédiaires seront peut être nécessaires pour ce grand parti, avec la création "dans un premier temps (d’) une Fédération", ajoute-t-il.

Il propose un calendrier: des "forums d’unité dès cette année", des "assises de la gauche en 2009" et "un Congrès de rassemblement en 2010 ou début 2011" en vue d’une "candidature commune de la gauche sur la base d’un projet partagé" en vue de la présidentielle de 2012.

Le périmètre d’un tel rassemblement pourrait "aller jusqu’à la gauche radicale et même utopique" et regrouper à la fois "Gérard Collomb" le maire PS de Lyon, "Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet", numéro un du PCF, selon lui.

M. Chevènement n’entend pas entrer dans "les débats de personnes" au PS en vue de son leadership. Ségolène Royal est "courageuse" mais il lui reproche de n’avoir pas défendu la tenue d’un référendum sur le traité européen de Lisbonne alors qu’elle s’y était "engagée" pendant sa campagne. Quant à Bertrand Delanoë, il est "très grand maire, peut-il être autre chose? A lui de le démontrer", s’est exclamé l’ancien ministre.

Un contenu et un chemin pour la création d’un grand parti de toute la gauche

8 mai 2008

Motion d’orientation du MRC pour le Congrès des 21 et 22 juin 2008

Motion d’orientation soumise par Jean-Pierre Chevènement et le Conseil National, unanime, réuni le 4 mai 2008

UN CONTENU ET UN CHEMIN POUR LA CREATION D’UN GRAND PARTI DE TOUTE LA GAUCHE.

La France a cru trouver en M. Sarkozy sinon un sauveur du moins un Président réformateur capable de limiter la casse face aux dégâts de la mondialisation. Elle découvre aujourd’hui non sans effroi l’impasse dans laquelle l’a entraînée son élection.

I - Un tsunami barre l’horizon

1) De sombres craquements se font entendre de toutes parts : entrée en récession de l’économie américaine, euro à plus de 1,50 dollar, pétrole dépassant les cent dollars le baril, faillite et renflouement par des fonds souverains étrangers ou directement par la puissance publique, d’institutions financières prestigieuses : le fond Carlyle et les banques Citigroup, Merill Lynch et Bear Stearns aux Etats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne. C’est tout le système financier mondial miné par un endettement aussi gigantesque qu’inconsidéré qui découvre sa fragilité.

2) Les prévisions de croissance en Europe et en France doivent être précipitamment revues à la baisse. Le candidat Sarkozy se flattait de ramener « avec les dents » un point de croissance supplémentaire. C’est avec, au mieux, un point de croissance en moins que le nouveau Président de la République va devoir compter. Loin de remettre en cause les contraintes européennes, M.Sarkozy a négocié sans aucune contrepartie et fait adopter, en catimini, un traité de Lisbonne qui reprend la substance de la Constitution européenne. Ce traité entérine l’impuissance d’institutions européennes déconnectées du suffrage universel face à la globalisation financière ainsi que la perte d’influence de la France par rapport à l’Allemagne dans les votes au Conseil des ministres européen. En acceptant que notre pays ne pèse plus que les trois quarts de son partenaire principal en Europe, le Président de la République a mis fin à la parité fondatrice qui, pendant un demi-siècle, avait assuré un développement relativement équilibré de la construction européenne. Presque simultanément, Madame Merkel a mis son veto au projet d’Union pour la Méditerranée ou plus précisément l’a vidé de sa substance en l’inscrivant dans le cadre communautaire et en le privant de tout financement supplémentaire.

Le gouvernement prépare un programme drastique d’économies budgétaires et de réformes dites « structurelles », en fait libérales. C’est une cure de rigueur sans précédent qui s’annonce. L’ensemble des services publics est dans la mire. Pendant ce temps, l’euro cher précipite les délocalisations. L’érosion de notre tissu industriel et le creusement du déficit commercial vont de pair. Ainsi notre pays est-il confronté, non pas à un vide de projet, mais à un projet bien précis d’abaissement du coût du travail et de retrait généralisé de la Puissance publique au bénéfice du marché. Ce projet est condamné d’avance parce que dans l’Europe de Maastricht et de Lisbonne, il ne touche pas aux paramètres essentiels et notamment monétaires qui gouvernent l’activité économique.

3) Après le référendum du 29 mai 2005, l’espoir s’était levé d’un redressement à la fois de l’orientation de la construction européenne et des politiques mises en œuvre en France même. Ségolène Royal avait souhaité une réforme des statuts de la BCE devant le Congrès du PSE réuni en décembre 2006 à Porto. L’accord MRC-PS du 9 décembre 2006, avait formalisé un bon accord stratégique entre nos deux formations sur des points essentiels : réorientation de la construction européenne, prise en compte de normes sociales et environnementales dans les règles de l’OMC, clause antidumping social, préservation de l’atout nucléaire de la France, réaffirmation des repères républicains, sauvegarde des services publics, exigence de la laïcité, politique étrangère et de défense indépendante.

4) Il apparaît malheureusement que les lignes directrices de cet accord ont été frappées de caducité par la défaite de la gauche. La régression qui emporte notre pays depuis près d’un an n’épargne pas non plus le principal parti de l’opposition. L’ouverture de Nicolas Sarkozy vers certains responsables du PS a montré l’identité de postulats libéraux et européistes que nous avions justement diagnostiquée pendant la campagne présidentielle de 2001-2002, en dessinant un projet alternatif à la politique « du pareil au même ».

Le PS a certes bénéficié, lors des municipales et des cantonales de mars 2008, du rejet de la politique gouvernementale, mais il semble plus que jamais en panne de projet et de repères solides, malgré l’effort récent, réalisé à l’initiative de son Premier Secrétaire, pour se réapproprier des concepts comme la nation et la République. Le vote du traité de Lisbonne par une majorité de parlementaires socialistes et, plus encore, le refus de faire obstacle à la révision constitutionnelle préalable, pour exiger un référendum sur cette Constitution européenne bis, conformément aux engagements pris, témoignent pour le moins de la fragilité des analyses et du manque de continuité politique de beaucoup de dirigeants socialistes. La plupart demeurent prisonniers de leur « oui » au référendum de mai 2005 et d’une conception de l’Europe aujourd’hui obsolète. Le débat interne paraît vidé de toute substance. Seule la désignation du prochain candidat à l’élection présidentielle et du premier secrétaire qui succédera à François Hollande semblent intéresser. L’analyse de la crise et des moyens d’y faire face est remarquablement absente des débats du PS, alors même que c’est l’absence d’un projet à la hauteur des défis de notre temps et l’éloignement des couches populaire qui expliquent déjà l’échec aux trois présidentielles successives de 1995, 2002 et 2007.

Nous voici donc revenus, en apparence, à la situation de fin 2004, quand le PS s’était prononcé à la majorité de 58 % de ses membres en faveur d’une Constitution européenne dont le principe avait été posé, en 2000, en pleine période de cohabitation.

5) Ce serait se tromper beaucoup cependant que de penser que la volonté populaire telle qu’exprimée par le référendum du 29 mai 2005 puisse être ainsi foulée aux pieds. La réalité est plus forte que toutes les constructions politiques et diplomatiques. La France, l’Europe, le monde sont devant une crise systémique sans précédent. Cette crise prend racine dans la dictature des marchés financiers que nous dénoncions depuis longtemps et notamment à l’occasion des élections présidentielles de 2002 : « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. D’autres valeurs que l’Argent mènent le monde. Ce sont les nations et les peuples qui sont la vraie permanence de l’Histoire » (discours de Vincennes, page 6) Notre projet adopté à notre Congrès de 2006 a analysé précisément les deux composantes essentielles de la « globalisation » qui sont à la racine de la crise actuelle du système :

a) Domination du capital financier sur le capitalisme industriel du fait de l’ouverture à l’échelle mondiale dès les années quatre-vingt-dix, des marchés et des mouvements de capitaux, dictature de l’actionnariat, exigences de rentabilité insoutenables pour les industries de l’Europe, délocalisations et migration, sous l’égide de multinationales et des fonds spéculatifs, du capital productif vers les pays à coût salariaux très bas.

b) Rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ceux-ci ont fait du dollar la monnaie mondiale mais l’utilisent comme si elle était seulement la leur, au mépris des intérêts de l’Europe et particulièrement de la zone euro. La valeur de la monnaie européenne a ainsi augmenté de 80% depuis 2002, pénalisant les exportations et favorisant les délocalisations. Confrontés depuis 1997 aux crises financières successives (Asie du Sud-Est, Russie, Amérique Latine, éclatement de la « bulle technologique ») qui remettent en cause les bases mêmes de leur hégémonie et donc de la globalisation, les Etats-Unis pratiquent une dangereuse fuite en avant dans l’endettement intérieur et extérieur aussi bien que dans la politique étrangère et militaire, notamment pour le contrôle des ressources énergétiques au Moyen-Orient et en Asie Centrale.

Un budget militaire colossal (plus de 600 milliards de dollars) ne leur permet pas d’éviter l’enlisement, notamment en Irak. Un déficit extérieur abyssal nourrit la méfiance à l’égard du dollar. Les Etats-Unis se trouvent confrontés à ce que l’historien Paul Kennedy appelait la « surextension impériale ». Il n’ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Là est la cause de la crise actuelle de la globalisation. Ils se tournent vers leurs alliés européens pour les transformer en supplétifs.

6) Mais cette politique se heurte à la réticence de l’opinion publique européenne. Celle-ci souhaite dans sa majorité que les Etats-Unis redeviennent la grande nation qu’ils sont, en acceptant la réalité d’un monde multipolaire se nourrissant du dialogue des cultures et régi par le droit. Ce monde multipolaire s’impose d’ailleurs dans la réalité avec la montée de la Chine, de l’Inde, de l’Iran, du Brésil et le retour de la Russie. Mais d’immenses moyens de conditionnement médiatique sont déployés au nom d’un nouvel « occidentalo-centrisme » pour décrier et fragiliser cette perspective. Il en résulte des tensions grandissantes avec le monde musulman, la Chine et la Russie notamment. La réintégration dans l’organisation militaire de l’OTAN annoncée par Nicolas Sarkozy nous engage toujours plus à l’Est, à la remorque de la stratégie américaine, dans des conflits et des guerres qui ne sont pas les nôtres. Ainsi la crise de la globalisation et celle de l’hégémonie américaine se recoupent-elles étroitement.

Dans ce monde dangereux, il est important que la gauche française fasse entendre une voix distincte. La grande crise américaine qui pointe à l’horizon amènera un réexamen critique des postulats libéraux (apologie du libre-échange, effacement de l’Etat, marché roi) ; à la faveur de ces remises en cause, la gauche française peut faire entendre son message et ses valeurs. La gauche a besoin pour cela d’un projet à la hauteur des défis de notre temps.

II - Face au tsunami, un projet républicain à la hauteur des défis de notre temps.

1. L’urgence c’est de faire face à la récession et à l’approfondissement de la crise qui, après avoir touché les Etats-Unis, va se communiquer à l’Europe. Nous n’y ferons face que sur la base d’une réaffirmation claire de la souveraineté populaire et du rôle de l’Etat.

2. L’Europe à vingt-sept ne peut être qu’une confédération de nations. Les institutions européennes, si elle se montrent défaillantes, ne peuvent pas arguer de compétences exorbitantes pour faire obstacle à des mesures urgentes et exceptionnelles comme si l’Europe était une Fédération, perspective clairement rejetée par le peuple français en mai 2005.

3. Les institutions européennes ont l’impérieux devoir de se réformer au feu de la crise, d’instaurer dans l’action un véritable gouvernement économique de la zone euro : baisse des taux d’intérêt, tolérance accrue pour les déficits budgétaires en période de crise, mise en œuvre de politiques contracycliques pour faire de la zone euro un espace keynésien de relance. Ce serait d’ailleurs le meilleur moyen d’aider les Etats-Unis à surmonter leurs propres difficultés. En théorie du moins, l’Europe peut beaucoup aussi en matière de politique industrielle et énergétique, de programmes de recherche et de protection contre les concurrences déloyales, afin de maintenir un tissu industriel aujourd’hui en voie de délitement.

L’Europe doit également veiller à la préservation de ses services publics et de son agriculture. Il faut réinventer la PAC et la préférence communautaire. Cette exigence ne vaut d’ailleurs pas que pour l’agriculture. L’Europe doit se battre non pas pour libéraliser davantage encore le commerce international mais pour imposer à l’OMC la prise en compte de normes sociales et environnementales. La liberté des échanges n’a de sens qu’entre pays de niveau de développement économique comparable.

4. La responsabilité de l’Allemagne dans la réorientation de la construction européenne est déterminante, car ce pays, en comprimant excessivement ses coûts depuis 2000, a pu dégager d’énormes excédents commerciaux (plus de 200 milliards d’euros en 2007) pour l’essentiel au détriment de ses partenaires de la zone euro (100 milliards) et de l’Europe en général (150 milliards), tout en freinant sa croissance intérieure. Il y a une solidarité objective entre l’action des syndicats et celle de la gauche allemande en vue d’une revalorisation des salaires et l’intérêt bien compris de l’Europe dans son ensemble. L’Allemagne doit mettre en œuvre une stratégie coopérative de relance à l’échelle européenne. Il appartient à la France de l’y aider en formulant des propositions adaptées. Cette perspective de réorientation de la construction européenne eût paru, il y a peu, hérétique, tant elle est contradictoire avec les dogmes de la globalisation, imposée au fil des décennies, par les Etats-Unis et relayée par l’Europe libérale. Mais aujourd’hui le système craque de toutes parts. Ce sont les Etats les plus libéraux (Grande-Bretagne - Etats-Unis - Suisse) qui utilisent les moyens de l’intervention publique.

5. Il est temps qu’en France aussi on change son fusil d’épaule. La souveraineté populaire, dans les temps qui viennent, aura matière à s’exercer. Nous avons toujours défendu le cadre et les repères de la République. Ceux-ci nous seront bien utiles dans la période qui s’annonce.

6. Pour maintenir notre tissu industriel, priorité des priorités, nous ne devons pas hésiter à utiliser tous les moyens : réglementation stricte des OPA, constitution de pactes d’actionnaires stables, promotion de l’épargne salariale et de la participation des travailleurs au capital des entreprises, renforcement du rôle des grands intermédiaires publics et notamment de la Caisse des dépôts, instauration de « golden share » (action publique impliquant un pouvoir de veto), nationalisations partielles ou totales le cas échéant, de certaines entreprises stratégiques (notons au passage la responsabilité des gouvernements libéraux qui ont laissé partir à l’étranger Usinor et Pechiney, avec les conséquences que l’on voit sur la délocalisations de nos sites de production et de nos laboratoires de recherche). Il est temps de passer un pacte nouveau entre les entreprises, les acteurs concernés (détenteurs du capital mais aussi travailleurs), la Puissance publique et les sous-traitants. Il faut remettre en cause l’actuelle dictature de l’actionnariat. Celle-ci est récente. Elle n’a pas de légitimité profonde. Nous trouverons beaucoup d’alliés, et d’abord dans le secteur productif, pour remettre en cause les règles du jeu immorales du capitalisme financier et pour définir les bases d’une nouvelle Charte de l’Entreprise.

Cette politique de redynamisation du tissu industriel s’appuiera sur la relance d’un vigoureux effort de recherche orienté vers les technologies nouvelles (énergies renouvelables, réacteur nucléaire de quatrième génération, biotechnologies, NTIC, productique, nouveaux matériaux, nanotechnologies, promotion de normes et de standards ouverts), sur les économies d’énergie et la promotion de nouvelles formes d’habitat et de transport ainsi que sur un important programme de grands travaux d’infrastructures.

7. Le renouveau de l’Etat ira de pair avec la reconquête du territoire et une décentralisation républicanisée. L’Outre-Mer doit mobiliser tous ses atouts pour s’inscrire dans la dynamique du codéveloppement. La revalorisation du travail sera le socle d’une nouvelle croissance. Celle-ci permettra de garantir justement les protections sociales en tenant compte de priorités démocratiques (prise en compte de la pénibilité du travail) et en mettant fin à certains privilèges et abus (tarifs déconventionnés - concurrences privées déloyales au service public). Cet immense effort de redressement collectif prendra appui sur une citoyenneté raffermie. Ce n’est pas le modèle républicain qui est en cause : ce sont les attaques qu’il subit. Egalité hommes-femmes, accès égal à la citoyenneté, défense de la laïcité, refondation républicaine de l’Ecole, rien de tout cela qui ne soit éminemment moderne.

Il faudra revoir notre politique d’immigration sans préjudice de la nécessaire maîtrise des flux migratoires dans le cadre d’accords de codéveloppement fondés sur l’intérêt mutuel avec les pays d’origine. La science et la culture seront au cœur de notre démarche. Pour faire face au réchauffement climatique, une véritable écologie de l’Humanité éloignant toute tentation d’un obscurantisme paré aux couleurs de la modernité, est nécessaire. La culture doit s’ouvrir au plus grand nombre et la culture française sur le monde. La francophonie sera un des moyens de cette ouverture.

8. En même temps que la France aura repris confiance en elle-même et en ses capacités, elle aura le devoir de parler aux autres pour dessiner les contours d’un monde multipolaire et pacifique, fondé sur le respect du droit international.

La fin de l’unilatéralisme américain n’est pas la fin de l’Histoire. Nous souhaitons maintenir une belle et bonne alliance avec les Etats-Unis. Mais celle-ci ne saurait se confondre avec l’acceptation résignée d’une vassalité, maquillée aux couleurs d’un « Occident » improbable. Nous devons nouer ou développer des partenariats stratégiques avec la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, le Venezuela, l’Iran, l’Indonésie, sans oublier de restaurer nos liens avec l’Afrique, que nous avons contribué à ouvrir au monde et dont le destin nous concerne et nous concernera toujours. Partout, nous devons promouvoir le dialogue des cultures et favoriser l’émergence et la construction d’Etats fondés sur le droit et notamment celui, intangible, de chaque peuple à se déterminer par lui-même.

Pour que l’Europe existe dans ce monde multipolaire et notamment par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, elle doit développer des relations de coopération privilégiées avec ses grands voisins qui constituent l’Europe élargie. Au premier chef la Russie, qui est nécessaire à l’équilibre et à la paix du continent, et que nous ne devons pas repousser vers l’Asie. Il y a beaucoup à faire avec la Russie sur le plan économique et énergétique mais aussi sur le plan diplomatique.

De même nous devons chercher à donner un contenu à « l’Union pour la Méditerranée ». Le développement du Maghreb et de l’Egypte, la stabilisation des Balkans sur la base du respect égal de l’identité de chaque peuple, la paix au Proche et au Moyen-Orient, l’arrimage enfin de la Turquie à l’Europe, répondent ainsi à notre intérêt bien compris du point de vue de la croissa